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Introductions en Bourse : ce qu’il faut savoir avant d’investir
Publié le 11/05/2018
Les «intros» reprennent à la Bourse de Paris : pas moins de cinq sociétés ont déposé leur document de base en vue de leur cotation. Voilà ce qu’il faut retenir avant de souscrire.
Elles portent des noms évoquant les dieux de la mythologie grecque, évoluent souvent dans des secteurs pointus de la nouvelle économie et ne sont pas vraiment connues du grand public. Et pourtant, elles vont toutes faire l’actualité d’ici quelques semaines.

Elles, ce sont ces entreprises qui ont décidé de vivre en pleine lumière. Voluntis, Enensys, Elsalys… vont ainsi s’introduire sur le marché réglementé d’Euronext Paris ou sur Euronext Growth (ex-Alternext), dédié aux entreprises de taille moyenne ou intermédiaire.

Il était temps car, de janvier à avril, seulement deux sociétés ont franchi le pas (Vente-uni­que.com et Oxatis). Le plasturgiste automobile Novares a en effet jeté l’éponge à la mi-février en raison de conditions de marché jugées défavorables. Or, parallèlement, les retraits de la cote se multiplient.

En février, Constellium a quitté la Bourse de Paris, suivi en mars de Philip Morris, Astellia, Sendr et Zodiac Aerospace, puis en avril d’A2micile Europe, Vexim et Euler Hermes. Les nouvelles recrues arrivent donc à point nommé pour renforcer la cote.

Faut-il pour autant acheter les yeux fermés ces nouvelles actions, sous prétexte de jeunisme et de modernité ? Évidemment non.

D’autant que certaines sociétés n’ont pas encore trouvé la voie des bénéfices. D’où l’importance de bien examiner la note d’information avant de participer à une offre.

Voici cinq affirmations – vraies ou fausses – pour vous permettre de ne rien laisser au hasard et d’investir gagnant. Retrouvez cinq autres affirmations dans Le Revenu Hebdo n°1479, disponible en kiosque vendredi 11 mai.

1) Les sociétés s’introduisent en Bourse pour lever des fonds : VRAI ET FAUX
On a quelquefois ten­dance à l’oublier, la fonction première d’un marché financier n’est pas de permettre aux entreprises de lever des fonds, mais d’assurer la liquidité des titres cotés. C’est-à-dire d’offrir une porte d’entrée aux candidats acquéreurs et une porte de sortie aux actionnaires désireux de concrétiser leurs plus-values.

Autrement dit, permettre, à chaque séance, à tous les acteurs – particuliers, salariés, dirigeants, fonds d’investissement – d’échanger leurs titres en fonction de leurs besoins ou de leur stratégie.

Pour citer un exemple, Radiall, société spécialisée dans les composants électroniques d’interconnexion et dirigée par Pierre Gattaz, l’actuel président du Medef, n’a levé aucuns fonds propres, ni à l’occasion de son entrée sur le marché en 1989, ni durant ses vingt-huit ans de cotation (elle a quitté Euronext Paris, le 12 juin 2017).

Néanmoins, une introduction est souvent l’occasion pour une «jeune pousse» de recueillir de l’argent frais pour financer son développement par le biais d’une augmentation de capital immédiate (actions nouvelles) ou différée (via des bons de souscription ou des obligations convertibles).

En s’introduisant le 4 avril dernier, Vente-unique.com, spécialiste de la vente de meubles sur Internet, a fait coup double : la société a levé 7 millions d’euros et permis à sa maison mère, Cafom, qui détenait 95% du capital, de vendre des ­titres pour la bagatelle de 25,8 millions d’euros.

2) Avant l’opération, la société doit établir un prospectus visé par l’AMF : VRAI ET FAUX
Si une société offre des titres au public en vue d’une première cotation sur un marché réglementé comme Euronext Paris, elle doit établir un prospectus soumis au préalable au visa de l’Autorité des marchés financiers (AMF), l’organisme en charge de la régulation.

Ce document doit préciser les caractéristiques des titres émis (actions ou titres donnant accès au capital), celles de l’émission (prix de souscription, nombre de titres émis, montant total de l’émission, période de souscription, etc.), ainsi que le but et l’autorisation juridique de l’émission.

Cette obligation vaut également pour une offre au public, lors d’une première admission sur Euronext Growth.

Dans tous les cas, cette note d’information est consultable sur le site Internet de la société ou sur celui de l’AMF (www.amf-france.org), au chapitre «Décisions et informations financières (BDIF)», situé à droite de la page d’accueil.

Pour éviter des désillusions, les investisseurs individuels sont invités à lire attentivement les facteurs de risques détaillés dans ce document avant de prendre leur décision.

En revanche, sur Euronext Growth, lorsque l’opération est réalisée par le biais d’un placement privé au profit d’investisseurs qualifiés, elle ne donne pas lieu à l’établissement d’un prospectus visé par l’AMF.

«Les actions sont alors inscrites sur le compartiment PP – placement privé – d’Euronext Growth, comme le précise l’AMF. Le compartiment OAP d’Euronext Growth est lui réservé aux actions offertes au public ayant fait l’objet d’un prospectus.»

3) En participant à une introduction, la plus-value est assurée : FAUX
Souscrire à de nouvelles actions n’est pas forcément un gage de plus-values.

Qu’on en juge : sur les quatorze sociétés introduites l’an dernier par voie d’offre au public (neuf sur Euronext, cinq sur Euronext Growth), quatre affichaient un cours supérieur au prix d’offre après un mois de cotation : Prodways (+41,7%), Ba­lyo (+24,1%), Osmozis (+15,2%) et ALD (+8,4%).

À l’inverse, Lysogene et Adeunis accusaient des baisses de 17,6% et 13%.

Fin 2017, la divergence de trajectoire était encore plus éloquente : Balyo et Biom’up gagnaient respectivement 56,9% et 26,7%, quand Lysogene, Inventiva et Valbiotis cédaient 44,1%, 41,8% et 39%.

Mais, en Bourse, rien n’est jamais acquis. Après un début prometteur, Balyo est ainsi revenu, début mai 2018, au niveau de sa première cotation (5,10 euros), mais garde toutefois une avance de 24% sur son prix d’offre.

Investir en Bourse ne se con­çoit que dans la durée. Pas question de se lancer dans l’aventure si l’on ne dispose que d’un horizon limité à un an.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si le plan d’épargne en actions (PEA) doit être conservé au moins cinq ans pour pouvoir bénéficier de l’exonération d’impôt sur les plus-values et les dividendes.

4) Il faut privilégier les petites valeurs : FAUX
Blue chips (grandes valeurs) ou small caps (petites capitalisations) : le dé­bat est loin d’être tranché.

Les valeurs d’envergure, qui ont déjà un historique sur lequel les investisseurs peuvent s’appuyer, sont considérées comme moins risquées, mais avec un potentiel limité.

À l’inverse, les PME ou ETI de création récente sont jugées risquées et peu liquides, mais avec des promesses de rentabilité élevées, notamment dans la recherche médicale et les nouvelles technologies.

La règle d’or, en fait, c’est qu’il n’y en a pas, pour paraphraser George Bernard Shaw. Tout dépend du positionnement de la société, de la qualité de son management, des perspectives de croissance, du caractère opéable de la valeur et du prix proposé.

Le plus bel exemple est sans doute Facebook. Le 18 mai 2012, huit ans après sa création, le ­réseau social met en vente 421 millions d’actions au prix de 38 dollars pièce, soit un montant de 16 milliards de dollars, valorisant Facebook 104 milliards (pour un chiffre d’affaires de 3,7 milliards à cette époque).

Au départ, l’introduction tourne au fiasco, l’action perdant 20% en trois séances. Six ans plus tard, elle s’échange à 176,61 dollars, avec une plus-value de 364% !

Pour réduire les risques, la seule solution consiste à rester en terrain connu.

L’homme d’affaires américain Warren Buffett, devenu l’une des plus grandes fortunes au monde, ne dit pas autre chose : «N’investissez que dans les entreprises dont vous comprenez l’activité.» En ajoutant, avec un brin d’ironie : «Nous avons pris le XXIe siècle à bras-le-corps, en investissant dans des métiers d’avant-garde, comme la brique, les tapis, l’isolation et la peinture !»

5) La souscription aux actions ne donne pas lieu à des frais : VRAI
Pour acheter en Bourse, il faut passer par un intermédiaire agréé qui prélève des frais de courtage.

À cet égard, les courtiers en ligne apparaissent comme les plus performants par rapport aux banques de réseau. Le coût d’un ordre de 1.000 euros tourne en moyenne autour de 0,37% chez un courtier contre 0,81% dans une banque, selon la dernière étude de l’Observatoire de l’épargne de l’AMF.

Et pour les ordres plus importants l’écart se creuse avec un rapport de 1 à 3, soit 0,16% chez un courtier contre 0,53% dans une banque.

Or, dans le cadre d’une introduction par voie d’offre au public, la souscription ne donne pas lieu au paiement d’une commission (sauf si la vente est réalisée via un conseiller qui facture des frais).

En tout état de cause, le donneur d’ordre devra avoir une couverture en espèces chez son intermédiaire. C’est Euronext qui fixe le niveau de cette couverture (généralement 100%), ainsi que la durée de blocage des fonds. Cela, afin d’éviter des demandes fantaisistes ou artificiellement gonflées.
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