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Attention danger : la facture pétrolière s'alourdit
Publié le 14/05/2018
L'économiste Véronique Riches-Flores de RF Research analyse les conséquences d'une hausse trop rapide des cours du brut.
Selon Véronique Riches-Flores de RF Research, la facture pétrolière mondiale a dépassé sa moyenne de long terme à 3,5% du Produit intérieur brut.

Pour l'économiste, le retrait des États-Unis de l'accord iranien devrait freiner les exportations iraniennes de pétrole brut et accentuer à court terme des tensions sur l'offre mondiale, déjà impactée par l'effondrement de la production du Vénézuela.

À plus long terme, l'Arabie Saoudite et d'autres pays de l'OPEP, la Russie ou les États-Unis pourraient en profiter pour augmenter leur production de pétrole. Dans l'immédiat, l'experte envisage une hausse additionnelle possible des cours du brut vers le seuil de «résonnance technique» à 90 dollars le baril de Brent.

Les conséquences économiques d'un pétrole plus cher se traduisent par un surcroît d'inflation, de moindres marges pour les entreprises industrielles et une baisse du pouvoir d'achat des consommateurs.

L'essence plus chère pénalise les consommateurs
Ainsi, la facture mondiale de pétrole est passée en moins de deux ans, d'un point bas à 2% du PIB à 4% aujourd'hui, et pourrait monter à 4,5% d'ici l'été si les prix grimpaient à 90 dollars le baril.

Le poids de la facture pétrolière est plus faible dans les pays développés, à moins de 2% du PIB (contre 3% à 4% cinq ans plus tôt), en raison d'un recul de l'intensité pétrolière. Mais la sensibilité de ces économies reste élevée, selon Véronique Riches-Flores, en raison du bas niveau d'inflation et de la stagnation des salaires.

L'impact sur la consommation devrait être important aux États-Unis où les taxes sur l'essence sont beaucoup plus faibles qu'en Europe. Le secteur pétrolier a, certes, connu un essor rapide outre-Atlantique, mais il ne compte que pour 0,5% de l'emploi total.

En Europe, des pays comme l'Espagne sont davantage exposés, en raison d'une plus forte intensité énergétique et de taxes sur le pétrole moins élevées.

L'économiste en conclut que les perspectives de croissance de l'économie mondiale pourraient en souffrir si la hausse du pétrole s'accompagnait d'une remontée des taux d'intérêt, comme on le voit déjà aux États-Unis.
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